Au début, il y avait ma maman, mon papa et un voyage de noce. Et neuf mois plus tard, à l'heure du goûter, mes parents m'entendaient hurler pour la première fois, ils étaient heureux. C'était bien la première et dernière fois qu'ils étaient contents de me voir crier d'ailleurs.
Par après, j'ai évolué tranquillement, j'étais une enfant sage, intelligente et timide. Trop souvent dans les jupes de ma mère pour pouvoir sauter une année, je suis obligée de rester dans ma classe actuelle où pendant six ans je m'embêterais malgré les efforts de Mr Bodart pour me donner des équations du second degré.
Je suis arrivée en secondaire avec l'étiquette intello collée sur le front, je n'ai réussi à m'en débarrasser qu'en deuxième. Actuellement, cette étiquette ne me frôle même plus. Les personnes me connaissant sont même étonnées d'apprendre que je réussis, que je m'en sors.
Je ne respirerais apparemment pas l'intelligence.
Depuis maintenant onze années, les mouvements de jeunesse prennent une place capitale dans ma vie. Je ne pourrais désormais plus m'en passer. Je fais partie d'un staff immensément génial. C'est avec une grande joie que je me lève chaque samedi pour les retrouver.
J'ai fait du théâtre pendant de longues années mais c'en est fini. J'y ai vécu quelques mauvais souvenirs.
J'aimerais faire des études d'ingénieur chimiste. Pendant mes vacances, pour soutenir les universitaires, je vais assister aux cours « entrées libres » de l'UCL.
Un jour, je serai fière d'être moi.



